vendredi 24 février 2017

De la pilule aux méthodes naturelles : une fécondité retrouvée

Mes repères
J'ai grandi dans une famille chrétienne pratiquante, mais sans repère clair sur la sexualité. A l’adolescence, peu sûre de moi, je me suis mise à fréquenter un groupe d'amis au sein duquel rapidement des petits couples se sont formés.
Pour faire comme tout le monde, je suis tombée dans les bras du premier garçon qui s'est intéressé à moi. Je me suis vite retrouvée dans son lit et pour ne pas être enceinte, j'ai fait un passage au planning familial pour avoir la pilule.
Toutes mes amies étaient sous pilule, et je n'allais pas prendre le risque d'être enceinte à 18 ans.
Je suis restée 3 ans avec ce garçon. Quand une amie est allée avorter et m'a appelé ensuite en pleurs, j'ai commencé à m'intéresser à ces "problèmes féminins".
Déception
Je savais que je ne voudrais jamais avorter, mais je me croyais totalement protégée par la pilule. Après ma rupture avec mon premier petit copain, j'ai multiplié les histoires amoureuses, persuadée que la relation sexuelle était indispensable pour "garder" un homme. Mais après plusieurs déceptions, je commençais à douter de l'épanouissement qu’était sensée procurer la sexualité. J'en étais même dégoutée. Je me donnais, mais ne recevait en retour que du mépris.
A 22 ans, études terminées, je partais pour 6 mois en mission humanitaire. Peu de temps avant le départ, une autre amie m'annonce qu'elle est enceinte, malgré la pilule, et qu'elle garde l'enfant. Ce nouvel épisode me fait de plus en plus douter de la contraception. Arrivée aux Philippines, je m'occupe de jeunes filles violées ou anciennes prostituées. Elles sont toutes blessées dans leur sexualité. Je réalise alors que je suis moi aussi blessée, mais qu'en plus j'en suis l'entière responsable. A force de "coucher" trop facilement, j'ai bradé mon corps. L'image que j'ai de moi-même, des hommes, de la sexualité, est déplorable.
 Ma fécondité retrouvée
En rentrant en France, je décide de me prendre en main et de m'accorder une période d'abstinence. Comme j'ai du mal à dire non, j'arrête la pilule. La peur de tomber enceinte devrait m'aider à ne pas céder.
Et là, c'est la révolution. Mes cycles reviennent ! Depuis 5 ans j'en étais privée sans même m'en rendre compte, comme anesthésiée. Et au lieu d'y voir une contrainte, une douleur, un embêtement, j'y ai lu la promesse des enfants futurs. Je "sentais" mon corps, et mon corps, un jour, donnerai la vie.
Pour moi plus question de toucher à la contraception, les signes envoyés par mon corps devaient pourvoir être lisibles. Je devais apprendre à connaître ce corps et à le comprendre.
Nouveau départ
Quelques mois plus tard je rencontrais mon futur époux. Fraichement converti, il m'a demandé qu'on s'abstienne de relations sexuelles jusqu'à notre mariage. C'était donc possible ! Les hommes aussi sont capables de se retenir !
Je lui ai fait confiance. Finalement le seul homme que j'ai réussi à "garder" est le seul avec lequel je n'avais pas couché.
Il a accepté que nous nous formions aux méthodes naturelles pendant nos fiançailles. Pour moi ça a été une révélation. Il fallait que les femmes, les couples, soient informés de tout ça, pour choisir en liberté !
Nous sommes maintenant mariés depuis 7 ans, nous attendons notre 4ème enfant. Nous avons toujours fait confiance aux méthodes naturelles et nous les enseignons aujourd'hui.
Bien sûr ce n'est pas toujours facile, souvent contraignant. Mais quel bonheur de se connaître, d'être comprise par son mari et d'être "attendue" à chaque cycle, quand on souhaite différer une naissance.
A l'annonce de notre 4ème, une amie m'a demandé si quand même je n'aimerai pas reprendre la pilule. Je lui ai répondu : lorsque j'en ai assez de marcher, cela ne me vient pas à l'esprit de me couper la jambe. Notre fécondité fait partie de nous, à nous de savoir l'apprivoiser sans l'amputer.!!
Steph

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